Olivier Abou, professionnel du e-commerce accepte de répondre à nos questions et de vous donner quelques astuces. Il est l’auteur de Créez votre business en ligne – Créez facilement votre boutique en ligne de A à Z ! – Editions Micro Application -

1. Bonjour Olivier, pouvez-vous vous présenter brièvement ainsi que votre parcours professionnel ?

Au départ, j’étais animateur radio et journaliste pour un grand quotidien. Avec ma formation (littéraire et informatique), je me suis spécialisé dans les NTIC et j’ai travaillé pour des magazines grand public ou des lettres professionnelles. En parallèle, j’ai conservé une activité de développeur web avec, par exemple, la mise en place des services online européens de ZDNet (ce qui se résumait, dans les années 90, à coder des montagnes de scripts en Perl), c’est d’ailleurs là-bas qu’on pouvait croiser parfois dans les couloirs le patron de Zlio (pas en culotte courte, mais presque ;-) .

Ces dernières années, j’ai écrit pas mal de livres, une soixantaine… Et aujourd’hui, je finalise pour septembre un projet de place de marché virtuel, CreaCentre, qui a pour but, entre autres, de récupérer tous ceux qui sont restés en rade sur le bord des « autoroutes de l’information ». On a déjà une centaine de clients dont la plupart n’ont même pas d’ordinateur. C’est pour moi un grand bol d’air pur, j’avais besoin de sortir un peu des NTIC et de travailler en contact d’extraterrestres qui fonctionnent un peu à contre courant…

2. Que pensez-vous du social commerce en général ?

  • Sur la forme : c’est très bien pour moi, avec ce genre de système, mon gamin va enfin pouvoir me lâcher un peu et se faire de l’argent de poche de façon autonome :-)
  • Sur le fond : j’ai l’impression que c’est une évolution naturelle. Le business intègre désormais les derniers services à succès du web (communautés, réseaux sociaux…) en leur appliquant un théorème devenu très à la mode ces dernier temps, à savoir que pour une entreprise, ses meilleurs vendeurs sont avant tout ses meilleurs clients. Et sur le net, ça marche très bien.

Le social commerce n’a rien inventé, mais il sait conjuguer à merveille toutes les tendances du moment. Par exemple, on parle beaucoup du commerce responsable. Le client n’est plus passif, il agit et s’exprime en achetant. Le social commerce s’inscrit lui aussi dans cette tendance où le consommateur a une place très active, il ne se contente plus de consommer sans savoir pourquoi, il vend lui aussi des produits qui ont la particularité de correspondre à sa personnalité et à sa façon de voir les choses. Les boutiques de Zlio peuvent être, avec leur contenu, très intéressantes sociologiquement parlant… On peut probablement dégager des tendances de société, des modes de vie en fonction des pays, etc.

3. Selon vous, quels sont les atouts et les inconvénients d’une boutique en ligne ?

Ils sont connus et je ne vais rien vous apprendre…

Pour les atouts du côté marchand, c’est la possibilité de faire son beurre avec des marchés de niche, d’avoir sous la main un potentiel client hallucinant, d’accéder à des outils marketing de façon simple, de vendre comme on participe à un jeu, en prenant du plaisir à mettre en scène ses produits, à communiquer dessus, à fidéliser ses clients, etc.

Petit cas concret que je rencontre presque tous les jours avec CréaCentre : le producteur de fromages de chèvre ou le créateur de bijoux, par exemple, qui cherche à développer son business. Il part 2 ou 3 jours avec sa production pour participer à des salons professionnels ou des marchés, il doit payer son stand, ses frais de déplacement, son hôtel… Pendant ce temps, il ne produit pas, il ne profite pas de sa famille, etc. Pour lui, les avantages d’une boutique en ligne, il les voit tout suite…

Du côté du consommateur, c’est avoir accès à une offre gigantesque, c’est la possibilité de comparer facilement et rapidement, pouvoir trouver les promos, éviter la foule, etc.

Les inconvénients : j’en vois 3 mais il y en a sûrement d’autres:
1/ Le manque de proximité et la « déshumanisation » du service (pas de sourire ni de conseil personnalisé du vendeur, mais c’est là que le social commerce peut jouer un rôle intéressant).
2/ Le côté immatériel des produits (on ne peut pas les toucher, les sentir…)
3/ La relative simplicité de la mise en ligne d’une boutique. Ca attire beaucoup d’abrutis qui font n’importe quoi et qui contribue à donner une mauvaise réputation au e-commerce en France.

4. Quelles sont les étapes essentielles qu’un internaute doit suivre afin de faire progresser sa boutique ?

D’abord, le référencement. On n’en finit jamais avec ça, il faut toujours l’optimiser, contrôler son évolution dans les services de recherche, s’inscrire partout, suivre de près l’actualité de la recherche sur le Net, c’est un boulot sans fin…

Autres étapes, moins techniques, la promotion (publicité, présence sur des sites stratégiques, etc.). Il ne faut pas être timide, il faut contacter les webmasters et échanger des liens, faire des opérations communes, etc.

Ensuite, l’animation et la fidélisation. Là, pas de secret, il faut créer du contenu, savoir informer ses clients sans les agresser avec des messages publicitaires, avoir de bonnes idées pour que la boutique soit vivante (concours, jeux, communauté…).

Et enfin en savoir plus sur ses clients. Apprendre à les connaître pour anticiper leurs attentes, ou au moins répondre rapidement à leurs besoins avec de nouveaux produits.

5. Auriez-vous d’autres conseils à donner à la communauté pour développer leur revenu ?

Deux conseils:

  • Le premier, c’est la maîtrise de la technique. On a beau avoir les meilleurs produits du monde, les meilleures idées, si on ne sait pas les vendre ni les mettre en scène sur le web, ça fera un bide ou, au mieux, ça ne décollera pas. Il existe une multitude de sites gratuits pour vous apprendre à coder du HTML et du CSS. Ca vous permettra d’acquérir des bases suffisantes pour intégrer de nouvelles fonctions sur votre boutique, pour la personnaliser, pour l’animer, pour vous distinguer…
  • Le second conseil, c’est la passion. Lorsqu’on se connecte sur une boutique, on voit assez vite à qui on a affaire. Si la démarche est purement commerciale, ou si le marchand est réellement passionné par son domaine. C’est le genre de chose que l’on perçoit en filigrane sur toutes les pages d’un site. Ca va du choix des produits aux conseils clients en passant par les descriptifs et les news… Le marchand doit connaître les produits de sa boutique, il doit savoir en parler.

Avec tous les concurrents que vous avez sur le web, qui ont probablement pour certains d’entre eux des moyens bien plus importants que les vôtres, la seule façon de faire la différence, c’est avec votre passion, pas autrement. En bref, si vous vous contentez de placer en rayons des produits, si la thématique du marché auquel vous vous adressez n’a qu’un intérêt commercial à vos yeux, vous perdez votre temps.

Les ouvrages d’Oliver Abou sont disponibles chez nos partenaires marchands Alapage et Amazone.